Portrait #5 Benoît, unité spéciale IT

Dans l’imaginaire collectif, un “IT” est un être à part, qui vit à l’ombre de son écran et parle un langage geek obscur. Rencontre avec Benoît, DSI Labrador, pour vous faire changer d’avis.

Tu as rejoint Labrador en 2003. Les enjeux de sécurité et confidentialité de l’information ont ils beaucoup évolués depuis ?

Il ne faut se tromper : on ne construit pas des avions, on travaille sur des textes et des documents, cela ne nécessite à priori pas une technologie très pointue. Pourtant sécuriser l’information qui nous est confiée a toujours été un défi au quotidien, car les préjudices d’un délit d’initiés ou d’une cyberattaque restent importants, et c’est une erreur de se croire à l’abri. Le niveau de protection et les technologies que nous utilisons ont donc beaucoup évoluées. Elles ont dû s’adapter à la multiplication des devices, à l’explosion des échanges et flux de données, aux nouveaux usages nomades… Mais si nous faisons bien notre boulot l’utilisateur ne s’en aperçoit même pas, car la sécurité ne doit pas se faire au dépens de la simplicité et la réactivité des échanges dont on a besoin dans notre métier.

Pourtant, la cyber-criminalité est un des risques stratégiques nouveaux identifiés par l’AMF et les analystes. Les émetteurs sont-ils tous conscients et suffisamment exigeants de ce point de vue ?

Ce qui change peut être depuis 5-6 ans, c’est la fin d’une certaine insouciance. Certains clients, notamment américains, ne se contentent plus de l’audit de sécurité que nous nous imposons chaque année et nous sommes de plus en plus régulièrement challengés et audités par nos clients (DSI ou tiers indépendant) sur la sécurité de nos plateformes et process, voire dernièrement soumis à des tests de hacking. Alors je m’interroge quand certains émetteurs échangent encore leur information la plus sensible par mail … Les entreprises sont aujourd’hui tenues juridiquement responsable de la sécurisation de leur information. Elles prennent conscience qu’elles doivent se donner les moyens de la protéger en permanence contre les attaques et contre les négligences de chacun, chez elles comme chez leurs partenaires. La data c’est le capital de l’entreprise, le nouvel or noir. Mais sans paranoïa, avec un peu de pédagogie et de discipline, on peut faire beaucoup.

Où sont stockées les données de nos clients ?

Aujourd’hui les données des clients Labrador sont hébergées en data centers, dans un Cloud privé.. Sans trop entrer dans les détails techniques, nous avons deux plateformes distinctes, en Europe pour s’affranchir du Patriot Act et aux USA à la demande de certains clients américains. On y accède par une “fibre noire” (fibre privée), ce qui offre la double garantie d’une sécurité optimale et d’un accès toujours fluide à la data, pour le client comme pour nous. Ensuite, on utilise des serveurs virtuels cryptés individuels pour chaque client et dupliqués, donc en cas de hacking il resterait limité et n’impacterait pas d’autres dossiers. Je dors tranquille, l’agence peut brûler, les données sont à l’abri !

Labrador a développé en propre ou en co-création de nombreux outils technologiques sur le métier de l’édition comme de la Traduction. Faut-il être technophiles pour être client Labrador ? 

Non pas du tout. Laurent (nda : le boss) n’est pas du tout technophile et pourtant il est à l’initiative de la plupart de nos innovations, et un excellent cobaye pour les tester ! On travaille avec plus de 200 clients en France et aux USA, 400 traducteurs et de nombreux partenaires : imaginez la pagaille si nos outils de travail au quotidien n’étaient pas intuitifs et accessibles à tous ! Par contre, c’est vrai que nous avons une culture d’entreprise un peu frondeuse, qui veut toujours questionner, améliorer ou révolutionner les pratiques. A côté de cela, nous avons la chance d’avoir quelques clients partenaires qui ont soif d’innovations métiers et prennent certains risques avec nous pour les voir naître. La BPI aussi, qui a soutenu notre dernier projet par un crédit innovation. Cela nous permet d’imaginer et d’initier ensemble de belles innovations à un rythme que peu de PME s’autorisent !

Ya pas que la DSI dans la vie…Tu es aussi passionné de musique et photographe amateur : comment s’exprime ta créativité dans ton métier ?

Je me retrouve dans la musique et la photo car je suis quelqu’un d’assez contemplatif. Si j’ai le nez dans le guidon dans mon métier je vais régler beaucoup de petits problèmes techniques mais je n’aurais pas une vision globale et c’est cette sensibilité qui me permet d’avoir une approche un peu plus disruptive et créative.

2019-04-20T14:32:36+02:00