Gouvernance, cap sur le long terme !

EY, Ethics & Boards et Labrador viennent de publier l’édition 2019 du Panorama de la Gouvernance. Cette étude montre combien la gouvernance des sociétés cotées européennes s’est transformée ces dernières années. Avec des conseils plus structurés, plus ouverts, presque paritaires, mais surtout plus attachés à la création et au partage de la valeur sur le long terme.

Entretien avec Jeremy Thurbin, Partner EY

Vous venez de publier l’édition 2019 du Panorama de la Gouvernance, il en ressort que bon nombre d’indicateurs sont dans le vert. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Notre étude porte sur 240 sociétés de 5 pays européens. Nous avons analysé 150 critères et saisi plus de 100 000 informations. Et force est de constater que la Gouvernance des sociétés cotées s’est transformée ces dernières années. Le fonctionnement des conseils s’est structuré, renforcé, les thèmes abordés prennent davantage en compte les grands enjeux de transformation. Saluons aussi la plus grande ouverture des conseils aux administrateurs indépendants et aux femmes. On notera que la part des femmes dans les conseils est désormais de 45 % pour le CAC 40. Nous pouvons aujourd’hui parler de parité.

« 19 % des membres des comex du CAC 40 sont des femmes »

Toutefois, il y a toujours un mais, il y a bien une majorité de femmes dans certains comités spécialisés (RSE, audit ou encore nominations), mais elles sont bien moins représentées dans d’autres (rémunérations ou encore stratégie). Enfin, pour ce qui est des comités exécutifs, nous sommes encore bien loin de la parité : 19 % seulement des membres des comex du CAC 40 sont des femmes.

Vous relevez aussi l’amélioration constante de la qualité de l’information sur la gouvernance…

On observe une réelle volonté de la part des entreprises à communiquer sur l’ensemble des sujets de gouvernance. Et elles le font pour se faire comprendre, en faisant le choix de nombreux visuels pour illustrer leurs propos : schémas, graphiques, tableaux. Les entreprises vont au-delà des textes sur de nombreux sujets comme les risques, la RSE, la compliance et la corruption. On voit des exemples très réussis. Ces matières s’y prêtent.

Sur la RSE, il y a un enjeu particulier de communication. En effet, nous voyons émerger bon nombre de comités dédiés, mais il manque encore de la précision sur leurs rôles, leurs évolutions et leurs places par rapport aux conseils. Il en va de même sur les indicateurs suivis par ces mêmes comités et leur normalisation qui permettrait une plus grande comparabilité de ces éléments extra-financiers.

« Les entreprises ont des difficultés à communiquer sur les investissements consentis sur le contrôle interne et la gestion des risques »

Enfin, il demeure encore difficile pour les entreprises à communiquer sur la valeur des investissements consentis dans les dispositifs de contrôle interne et de gestion des risques. Pourtant, il est essentiel que les conseils et comités puissent articuler ces risques au regard de la stratégie de l’entreprise et les suivre dans la durée.

Quelles sont les évolutions à venir ?

Nous allons suivre de très près tout ce qui touche aux thèmes du partage de la valeur, de la création de valeur sur le long terme. Les modèles économiques, voire éthiques, sont appelés à évoluer fortement et ce, dans un futur assez proche. La communication autour du long terme prend de plus en plus d’importance. Les conseils y travaillent de plus en plus. C’est une conséquence directe de la Loi Pacte et, d’une façon plus générale, d’une prise de conscience au niveau européen, mais aussi de l’autre côté de l’Atlantique, à l’image de la certification B Corp. Il s’agit bien d’aller au-delà de la seule question de la rémunération des actionnaires.

Propos recueillis par Beñat Caujolle

Télécharger l’étude

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2019-10-10T10:28:32+01:00octobre 10th, 2019|