RSE, pour des Modèles d’affaires moins standardisés et plus comparables

Deux semaines après notre dernier billet sur les attentes des analystes et gérants en matière d’informations extra-financières des entreprises, nous voici rattrapés par l’actualité. Il y a eu le petit déjeuner du Cliff le 14 novembre sur le thème : « les publications extra-financière légales et volontaires, une nécessaire harmonisation », mais aussi la sortie (le même jour) du rapport de l’AMF sur « La responsabilité sociale, sociétale et environnementale des sociétés cotées ». Enfin, l’AFEP vient pour sa part de publier 11 propositions très concrètes en faveur d’une « rationalisation du reporting RSE ». 

Le reporting extra-financier est un exercice qui s’avère de plus en plus complexe car il doit répondre à deux exigences. La première demande de la rationalisation, de la standardisation de l’information. Une information plus fiable et comparable pour les investisseurs et les régulateurs, mais aussi plus balisée pour les émetteurs qui s’efforcent de répondre à des demandes aussi nombreuses que variées en ce domaine, notamment de la part des agences de notation extra-financières. Les émetteurs ont ainsi tout à gagner à mettre en place des indicateurs communs et parler la même langue au sein d’un même secteur d’activité.  La seconde exigence porte sur la préservation de l’identité de chacun des émetteurs. Ces derniers ne tiennent pas à se trouver enfermés dans une grille commune de données, tandis que les investisseurs et régulateurs souhaitent dans le même temps pouvoir aisément faire le distinguo entre deux concurrents. 

Plus de stratégie et davantage de contextes de marchés, pour mieux apprécier l’évolution à long terme 

Jusqu’ici un incontournable du rapport intégré, le modèle d’affaires est désormais obligatoire par la réglementation DPEF. Pour cette première année d’exercice contraint, les modèles d’affaires ont adopté dans un bel ensemble un format proche de celui recommandé par l’IIRC, avec les ressources par capitaux en entrée et la valeur créée en sortie (dans plus de 90 % des cas observés).  La présentation des modèles d’affaires a ainsi la fâcheuse tendance à se standardiser, alors que l’on attend de celui-ci qu’il fasse ressortir l’ADN de l’entreprise, sa spécificité, sa manière singulière de mener ses activités. C’est l’un des principaux enseignements d’une étude menée par Labrador en juin dernier, qui montre que le modèle d’affaires présenté est parfois déconnecté des autres informations de l’entreprise. D’où un manque de cohérence. Par exemple, seulement 48% des modèles d’affaires analysés intègrent la stratégie et à peine 28% présentent le contexte / tendance du marché dans lequel s’inscrit son activité sur le long terme. 

Au-delà du constat, voici quelques conseils pour bâtir au mieux son Modèle d’affaires : 

  • Privilégier une présentation graphique et pédagogique, qui permet un accès rapide au processus de création de valeur et aux relations entre l’entreprise et ses parties prenantes

On notera sur ce point, que 85% des modèles d’affaires sont présentés sous forme graphique (conformément à la recommandation de l’AMF)

  • S’appuyer sur du concret 
  • Intégrer des informations permettant d’apprécier l’évolution à long terme (environnement commercial, tendances de marchés, …)
  • Mettre en perspective le modèle d’affaires avec les risques identifiés 
  • S’assurer de la cohérence avec les autres informations communiquées : risques, objectifs, indicateurs, …

Si la construction d’un modèle d’affaires est contrainte, elle reste libre dans sa forme. Le modèle d’affaires doit être représentatif de l’ADN de l’entreprise et donner à comprendre qui vous êtes. Si un tiers comprend, nul doute que l’investisseur saura saisir facilement le côté unique de l’entreprise.   

Beñat Caujolle

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2019-11-21T11:33:21+01:00novembre 21st, 2019|