Le rapport intégré peut-il remplacer le rapport de gestion ?

L’information extra financière a vu le jour il y a une quinzaine d’années et commence tout juste à trouver sa place. Au départ, les entreprises ont plutôt subi cet exercice imposé dont la pratique reste encore assez formelle. Adossée à des référentiels, cette information mobilise peu à peu les organes de gouvernance qui y voient l’intérêt d’intégrer la RSE à la stratégie et aux métiers de l’entreprise.

Aujourd’hui, le marché demande aux émetteurs d’aller plus loin et de rendre plus lisible et intelligible leur modèle d’affaire à travers l’intégration de l’information matérielle financière et extra financière. Alors que le reporting financier propose une photographie du bilan de l’entreprise, il reste en revanche relativement muet sur les aspects intangibles, qu’il s’agisse de la dimension intellectuelle, humaine, sociale et naturelle. Le reporting intégré vient combler cet écueil en proposant une vision holistique de l’entreprise, en lien avec ses parties prenantes et son éco système.

Le chiffre clé :

 3000

entreprises dans le monde 

ont publié un rapport intégré en 2015

(Source : IIRC)

La France à la traîne….

La France compte seulement une poignée de rapports intégrés publiés en 2014 – dont Engie, Eurazeo PME, Gecina ou Mazars –  tandis que le concept est assez bien installé en Afrique du Sud et au Royaume Uni où il est demandé aux Conseils d’Administration de publier un Strategic Report.

Il est vrai que à l’heure où l’information financière frôle l’indigestion, la perspective de réaliser un « rapport de plus » n’enchante guère les directions financières. Ce n’est d’ailleurs pas la vocation de ce document qui ne doit pas devenir une couche supplémentaire de documentation financière. Il doit au contraire la simplifier, l’alléger afin de mettre en valeur la personnalité et l’histoire propre à chaque émetteur.

L’IIRC – International Integrated Reporting Council – a élaboré un cadre de référence pour le reporting intégré dont la structure 

[1] pourrait se rapprocher de celle du Document de référence. Néanmoins, une réflexion en interne autour de la notion de « performance globale » et de la matérialité s’impose chez les émetteurs qui souhaiteraient initier ce travail.

Vers un rapport de gestion plus stratégique

Nous pensons chez Labrador que le rapport intégré pourrait être l’occasion pour les directions financières, de restructurer voire de « relifter » l’information contenue dans le rapport de gestion de leur Document de référence. Objectif : passer de l’information règlementée à la communication règlementée. Une (r)évolution qui se fera de notre point de vue, à travers trois axes : pertinence de l’information, cohérence de l’information et concision en concertation avec les autorités règlementaires.

Les attentes du marché et de l’ensemble des parties prenantes vont en tout cas dans ce sens. Les investisseurs aspirent à une communication innovante, porteuse de sens, concise et lisible fruit d’un savant dosage entre la hard information et la soft information.

Sandrine L’Herminier

Directrice du Pôle RSE Labrador Conseil

[1] Présentation du groupe, gouvernance, business model, risques et opportunités, stratégie et allocations de ressources, performance, perspectives, modalités de présentation

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2019-04-20T14:32:47+02:00novembre 5th, 2015|