« Le reporting Esef sur de bons rails », Labrador est dans l’AGEFI

Juin 2021

Labrador s’invite dans un article signé Benoît Menou pour l’AGEFI :

« Le reporting Esef sur de bons rails ». 

Article issu de l’AGEFI Hebdo, publié le 24 Juin 2021.

« La voie est toutefois longue pour cette contrainte règlementaire qui pourrait chambouler la communication financière.

« Le verre est à moitié vide ou à moitié plein, tel peut-être le jugement qualifiant la saison 0 du reporting Esef. Saison 0 de ce bien-nommé « format électronique unique européen » car cette communication augmentée de l’information règlementée ne sera obligatoire que l’an prochain pour les comptes 2021, après option de report accordée in extremis fin janvier dernier. Si, en apparence, la présentation des documents ne change pas, en coulisses c’est la révolution, les comptes sont balisés (ou taggés) à l’aide d’un dictionnaire (taxonomie) et d’un standard d’échange de données (iXBRL, inline extensible business reporting language) devant permettre d’ouvrir sur le monde des chiffres précédemment prisonniers du format PDF.

Si le galop d’essai sur les comptes 2020, bien que « prometteur » selon Florent Chaix, manager relations investisseurs au sein du groupe de certification Bureau Veritas, apparaît en demi-teinte, c’est que sur un univers de 500 sociétés cotées concernées, seuls 76 dépôts ont été validés par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Dont 14 membres du CAC 40 et 39 du SBF 120 (parmi lesquels Bureau Veritas). Et 8 entreprises non cotées souhaitant se frotter aux standards de leurs cousines. Des chiffres mis en lumière par la consultation en ligne menée par Labrador, compagnon des sociétés dans la présentation de leur information règlementée, en partenariat avec l’Association des professionnels et directeurs comptabilité et gestion (APDC), le Cliff (association française des professionnels de la communication financière) et Euronext. Les ricochets de la pandémie, argument de l’option de report, ont certes empêché le taux de transformation de s’envoler.

Je découvre le livre blanc de la consultation

Directrice des affaires comptables à l’AMF, Marie Seiller pointe que « les difficultés rencontrées en dernière ligne droite montrent l’importance de faire des tests à blanc en amont auprès de l’AMF et avec les commissaires aux comptes, afin de mettre derrière soi les soucis techniques ». Cent-trente sociétés pourtant avaient engagé de tels tests. Qui peuvent être menés « à tout moment de l’année », rappelle Marie Seiller. L’exercice transitoire de digitalisation serait tout de même, à ses yeux, « rassurant, il a permis de valider la fiabilité de nos systèmes et à chacun de se préparer pour être fin prêt à l’heure des dépôts des comptes 2021 l’an prochain ». « Les précurseurs ont heureusement bénéficié d’un soutien fort, et même de mansuétude, de la part du régulateur », précise Laurent Rouyrès, président de Labrador. Reste « un vrai risque, ajoute-t-il, quand 15 % environ seulement des sociétés sont allées au bout de cette année. Je recommande chaudement aux autres de lancer rapidement des tests. L’an prochain, l’AMF ne pourra pas être aussi disponible », avec un potentiel goulot d’étranglement pour ses protégées. D’autant que selon Laurent Rouyrès, parlant du coût de la manœuvre, « dans le ‘rush’ final, les prix vont exploser », notamment avec les cabinets de conseil. La consultation de Labrador a mis en lumière pour l’exercice écoulé un budget inférieur à 30.000 euros dans 80 % des cas.

DIFFICULTÉS

Les répondants (plus de 50 sociétés, dont le projet Esef a abouti ou pas) ont évalué en moyenne à 6 sur 10 la difficulté du chantier, avec même 37 % concédant des soucis importants, voire très importants pour le mener. De fait, quand Florent Chaix pour Bureau Veritas évoque une « expérience très positive, grâce à l’expertise de nos conseils externes associée à̀ la mobilisation en interne, autour des équipes relations investisseurs et consolidation, toutes deux rattachées à la direction financière », les obstacles n’ont pas manqué. Celui le plus souvent cité est lié au choix et au maniement des outils. Surtout lorsque la société (un quart d’entre elles) a fait le choix d’une suite intégrée de reporting comptable (DMS, disclosure management system) qui a pu manquer de maturité. Les conditions de certification par les commissaires aux comptes (CAC) ont également suscité une relative déception sur fond de « forte prudence », selon l’enquête. « Il ne s’agit pas de mauvaise volonté mais d’une question technique ayant mis du temps à se résoudre », plaide un CAC, évoquant des délais serrés surtout du fait d’une norme d’exercice professionnel dédiée que leur régulateur, le H3C (Haut conseil au commissariat aux comptes), a délivrée tardivement. « Sans soucis coté CAC, il aurait pu y avoir deux fois plus de dossiers validés par l’AMF », avance Laurent Rouyrès pour Labrador.

Le chemin est encore long. Le reporting Esef des comptes 2020 comme 2021 ne concerne encore au sein de l’URD (document d’enregistrement universel) que les états financiers primaires consolidés annuels (bilan, compte de résultat, autres éléments du résultat global, variation des capitaux propres et flux de trésorerie). Le périmètre va s’étendre, pour concerner l’extra-financier a priori à horizon 2024. Mais l’enjeu du reporting Esef dépasse la contrainte règlementaire de la transcription en ligne des comptes dans un nouveau langage, pour concerner une meilleure valorisation et diffusion de l’information. « Le train est parti, se félicite Laurent Rouyrès. À terme, l’Esef aura des effets majeurs pour les lecteurs de l’information », analystes financiers ou moteurs de recherche. Reste à̀ intéresser ce public. Bureau Veritas a voulu « préparer l’avenir en digital », selon Florent Chaix, en proposant déjà sur son site une « expérience utilisateur améliorée avec une plateforme HTML complète ». La communauté des émetteurs semble plus timorée : selon Labrador, 58 % ont cette année souhaité « simplement répondre à l’obligation règlementaire avec le minimum d’impact opérationnel ». Certes, une courte majorité (51 %) y voient une opportunité d’améliorer la qualité de l’information. Le train est parti, les pionniers ont pris une station d’avance, mais le terminus n’est pas en vue. »

Benoit Menou pour l’AGEFI Hebdo.

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