Gouvernance : la Covid, cet imprévu qui bouscule tout

Jeudi 01/10/2020

EY, Ethics & Boards et Labrador viennent de publier l’édition 2020 du Panorama de la Gouvernance. Plus de 240 sociétés de 5 pays européens ont été passées au crible (150 critères utilisés et plus de 100 000 informations saisies). Saluons les progrès encore faits en la matière par les entreprises. Mais retenons surtout que l’imprévu Covid-19 chamboule tous les modèles bien préparés et accélère le mouvement de transformation vers une gouvernance plus agile, résiliente et responsable.

Entretien avec Thierry Moreau, Associé EY. 

Vous avez baptisé le Panorama 2020 de la Gouvernance : « Nouveau monde, nouvelle exigence ». Cette édition est un peu spéciale. Quelles sont tout d’abord les principales avancées de la Gouvernance, les tendances de fond observées, en faisant abstraction – tout d’abord – de l’apparition début 2020 de la Covid-19 ? 

Le propre de cette étude est de porter un regard critique sur l’année passée, l’année 2019. Nous l’avons cette fois, au regard des circonstances, enrichie d’une série d’entretiens avec des entreprises pendant l’été, en plein Covid. Il n’empêche, avant même la Covid, nous observions que les conseils planchaient sur un éventail plus vaste de sujets que par le passé : de long terme, comme de court terme, des thématiques stratégiques ou réglementaires. Autre tendance, la montée en puissance des comités RSE au sein de ces mêmes conseils. Même s’il y a encore beaucoup de travail de fond à réaliser, notamment dans l’identification de critères comparables, force est de constater que les entreprises y mettent de vrais moyens, et pas que les plus grandes. 

Les entreprises ont également fait des progrès notables (un peu poussées par la réglementation et les autorités de tutelle) sur leurs risques, notamment en matière de transparence et de pédagogie. 

Et la Covid, puis le confinement sont arrivés… 

Ce fut très brutal. En pleine période d’enregistrement des URD*. Très vite, les conseils des entreprises ont déclaré de façon unanime qu’il fallait travailler et encore améliorer la communication des risques. Deux axes ont été identifiés : une cartographie des risques à jour, actualisée chaque année et traitant de façon unifiée et intégrée l’ensemble des risques (métiers, corruption, pays, exogènes…). Second axe :  une meilleure information sur les plans de continuité et les plans de gestion de crise. Il y a eu avec la crise sanitaire un vrai point de bascule. Parions que dès 2021, la communication sur ces points soit de bien meilleure qualité. 

Lire aussi : 69 % des URD intègrent une information spécifique au covid-19

« Arrivée de nouveaux profils dans les conseils »

Un point de bascule. Finalement la crise sanitaire a toutes les « chances » de faire bouger les lignes plus vite que n’importe quelle contrainte réglementaire… 

Il y a clairement un effet d’accélération sur bon nombre de sujets comme la remise à plat de la gestion des risques, la résilience ou encore les plans de continuité. Mais les conseils vont devoir également se montrer plus agiles, encore plus réactifs, plus impliqués. Cela va passer, et nous le voyons déjà un peu en France, par l’arrivée au sein de ces conseils de nouveaux profils, un peu moins financiers et un peu plus jeunes, plus digitaux, plus RSE, plus sur la gestion des talents. Bref des regards neufs, prêts à l’action, un peu en décalé de la sphère « business » classique. Et pourquoi pas plus d’ouverture vers le monde académique, philosophique… Nous vivons des temps très particuliers. Nous pouvons tenter des choses que l’on n’osait pas jusqu’à présent. Nous vivons tous ces changements en temps réel. 

Lire aussi : Gouvernance, cap sur le long terme

Propos recueillis par Beñat Caujolle

*Universal Registration Document (ou Document d’enregistrement universel)

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2020-10-01T19:20:50+02:00octobre 1st, 2020|