Etude Chartes éthiques (Juin 2019) : un grand pas en avant !

Effet Loi Sapin 2 oblige, la gouvernance, les politiques et le reporting dédiés à l’éthique se sont considérablement structurés depuis deux ans. Les chartes éthiques n’échappent pas à la règle. Le fond et la forme ne cessent de s’améliorer comme en témoignent les résultats de notre dernier Benchmark* consacré à ce sujet.

Accessibilité : c’est en substance la plus forte évolution relevée par notre étude annuelle. Les chartes ne sont plus confidentielles et confinées à une élite. L’information est plus visible et les contenus plus pédagogiques sous l’impulsion des rédacteurs qui sont priés de rendre ce document communiquant. Les chiffres sont édifiants. 88% des documents sont accessibles à travers un moteur de recherche externe. 55% de notre panel a publié une mise à jour de la charte au cours des deux dernières années (+17 points). La nécessité de traduire ces documents dans les principaux pays d’implantation s’inscrit aussi dans cette tendance. 22% des émetteurs les traduisent dans au moins 5 langues. Enfin, exit le jargon juridique qui ne facilitait pas l’appropriation de ces enjeux par le plus grand nombre. L’usage du « nous », l’explication des termes les plus complexes, un ton pragmatique en phase avec la culture et les processus de l’entreprise… fait partie des recettes plébiscitées par les entreprises pour incarner l’éthique au quotidien.

Education : c’est aussi l’un des objectifs prioritaires de ces documents. Les contenus mettent désormais l’accent sur les procédures à suivre, les référentiels, normes et règles liés à l’environnement de travail afin d’aider le collaborateur à prendre les bonnes décisions. Pour rendre l’exercice plus vivant, les « cas pratiques » s’invitent de plus en plus dans ce document. 25% de notre panel s’y attelle soit 7 points de plus que l’exercice précédent.

Exemplarité : message du Président (+ 4 points en 2019), présentation de la gouvernance de l’éthique (+ 8 points), mention des valeurs (+ 3 points) et des principes d’actions associés… Les émetteurs ont bien compris la nécessité de démontrer que le top management s’empare de ces sujets et engage ses équipes dans la démarche. Objectif : responsabiliser tous les acteurs de l’entreprise et susciter une prise de conscience collective autour de ces enjeux.  

Exhaustivité : le traitement des nouveaux risques tels que la protection des données privées ou l’usage des réseaux sociaux montre que l’éthique évolue et qu’elle est en phase avec l’environnement socio économique de l’entreprise. Résultat, des chartes un peu plus longues : 21 pages en moyenne qui sont souvent complétées par des codes thématiques généralement dédiés à des parties prenantes spécifiques. 64% des émetteurs du CAC 40 y font par exemple référence.

Leviers de progrès : quelques axes d’amélioration pourraient renforcer l’efficacité de ces documents parmi lesquels : scénariser davantage la procédure d’alerte pour lever les freins en interne et rassurer les collaborateurs, relier davantage la démarche et les risques aux métiers/activités de l’entreprise en s’appuyant sur les cartographies réalisées en interne, insister dans le message du Président sur l’avantage compétitif et les bénéfices (confiance des parties prenantes, attractivité, notoriété, fierté d’appartenance) liés à la maîtrise et au respect de ces règles.

Sandrine L’Herminier, Experte RSE, Pôle Conseil de Labrador

* Benchmark charte éthique 2019. Etude réalisée sur le SBF 120 à partir des documents accessibles au public. 40 critères étudiés.

2019-06-13T14:17:11+02:00