Bonheur au travail : info ou intox ?

Chief Happyness Officer, Responsable du bonheur dans l’entreprise… depuis quelques mois ce nouveau métier fleurit dans les organisations telles que Google ou McDonald’s outre-Atlantique, Kiabi ou Décathlon dans l’hexagone. Reste à savoir si cette appellation relève d’une astuce sémantique ou de la volonté de l’entreprise de revisiter la notion de plaisir au travail.

Si le thème est à la mode, peut-on réellement parler de bonheur dans la sphère professionnelle alors que la souffrance au travail fait régulièrement la une des médias ? Est-ce de la responsabilité de l’entreprise de s’emparer de cette notion qui relève plutôt d’une quête individuelle ?

Aux Etats-Unis, certains pionniers se sont emparés du sujet à l’instar de Tony Hsieh, CEO de Zappos, rachetée depuis par Amazon, dont le slogan « Delivering happiness » est devenu la marque de fabrique. En France, le documentaire de Martin Meissonnier « le bonheur au travail » diffusé sur Arte il y a quelques mois a fait le buzz. Le sujet a réuni également en octobre dernier pléthore de professionnels venus débattre dans le cadre des premières Université du Bonheur au Travail organisé par la Fabrique Spinoza qui se définit comme le think tank du bonheur citoyen.

Entreprise libérée
Certes, bon nombre d’entreprises considèrent déjà traiter ce sujet dans le cadre de leur démarche RSE à travers leur politique de bien-être au travail ou les enquêtes menées sur le climat social, mais elles réalisent que ces initiatives ne sont pas toujours suffisantes pour susciter l’engagement des salariés. Et pourtant ! Un salarié heureux est deux fois moins malade, six fois moins absent, neuf fois plus loyal et 31 % plus productif…. relève la célèbre enquête de l’institut Gallup menée sur l’engagement au travail.

Les nouveaux DRH du bonheur sauront-ils renouer avec la « happy culture » dans leur organisation ? Le concept de l’entreprise libérée popularisée par Isaac Getz, professeur à l’ESCP dans son best seller « Liberté&Cie »[1], livre quelques clés pour réintroduire la notion de plaisir au travail. L’auteur démontre, exemples à l’appui, que les employés officiant dans des organisations plates, avec peu de niveaux hiérarchiques, autonomes et responsables, sont plus engagés donc plus performants. Le respect des collaborateurs, la confiance, la reconnaissance du travail bien fait, l’écoute font partie des leviers utilisés par les pionniers qui ont décidé de s’affranchir des modèles de management traditionnels

C’est en tout cas la conviction du spécialiste du co-voiturage BlaBlaCar, lauréat dans sa catégorie au palmarès HappyAtWork en 2015 qui n’a de cesse de préserver son ADN en dépit de sa croissance exponentielle. L’entreprise, présente dans 18 pays, a conservé le rituel des petits déjeuners informels du vendredi qui réunit l’ensemble des équipes. Elle donne aussi l’opportunité à tout collaborateur d’aller travailler dans ses bureaux à l’étranger une semaine par an. Au-delà de ces exemples qui peuvent sembler un peu anecdotiques, l’enjeu est d’alimenter ces rituels qui forgent l’identité d’une entreprise et de nourrir cette culture si chères au décideurs, en cultivant un état d’esprit, un savoir-être autant qu’un savoir-faire. Tout un programme !

Sandrine L’Herminier
Directrice du Pôle RSE – Labrador Conseil

[1] Isaac Getz/Brian M.Carney  « Liberté&Cie. Quand la liberté des salariés fait le bonheur de l’entreprise ». Fayard

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2021-04-20T16:11:21+02:00mars 31st, 2016|