La brochure de convocation 2019, un outil de communication sensible

Dans le contexte actuel, des mesures attendues visant à encourager l’actionnariat salarié et la présence des salariés dans les conseils, de demandes de ratios de comparaison entre salaires et rémunérations versés (loi Pacte), sans oublier les nouveaux risques de réputation, les entreprises font de leur brochure de convocation un véritable outil de communication. Encore plus pédagogique, plus didactique, s’adressant à un public éclairé comme profane, la brochure éclaire et donc favorise le vote.

Désormais presque toutes les sociétés, 92 %, publient une brochure de convocation (comptant 57 pages en moyenne) en plus de l’avis de convocation au Balo qui, lui, est obligatoire. C’est l’un des premiers enseignements de l’étude menée par Labrador sur les 109 sociétés du SBF 120 soumises à la législation française.

« Il n’y pas de véritable révolution par rapport à l’an dernier, mais on voit clairement une évolution régulière des principaux indicateurs qui vont bien au-delà des attentes légales de l’avis de convocation au Balo. Ainsi, de plus en plus de documents présentent des rubriques dédiées à des informations permettant d’éclairer le vote », explique Julia de Queiros, Responsable Conseil, Etudes et Transparence chez Labrador. Par exemple, 81% des documents consacrent une partie à la Gouvernance (6 pages en moyenne). Un chiffre en hausse de près de 10 points en deux ans, idem pour la rémunération. S’il reste encore beaucoup à faire en matière de pédagogie sur la rémunération, force est de constater que près de 20 % des documents lui font une place à part. Les entreprises devront cette année redoubler d’efforts de pédagogie pour limiter les risques d’interprétation ou de perception irrationnelle de ce volet hautement sensible.

Une présentation synthétique et illustrée

À l’honneur également, des pages chiffres clés et profil de l’entreprise qui introduisent la partie Exposé sommaire pour près de la moitié des documents : elles offrent une information synthétique et accessible au plus grand nombre. Les brochures ont au final vocation à être un document « auto-portant » : cela permet d’éviter d’aller chercher une information dans un autre type de support comme le Document de référence (DRF). D’ailleurs, d’une manière générale, se félicite Julia de Queiros, « les documents sont de plus en plus didactiques et pédagogiques ». Les graphiques sont désormais présents dans 62% des documents et leur nombre a bondi de 27 % par rapport à 2016, avec 4,6 graphiques en moyenne. Les photos sont aussi en nette progression. « La fusion de la présentation de la résolution en introduction du texte de la résolution est adoptée par plus de 40 % du panel. Et dans plus de la moitié des documents les éléments éclairant le vote sont placés avant les résolutions », précise Julia de Queiros.

À noter enfin, près de deux entreprises sur trois proposent de voter par internet. Par contre, l’e-convocation demeure à la traine (26 % des cas), tandis que seule une entreprise sur trois envoie les documents par courriel. Il y a ici encore des progrès à faire après les incidents sur les votes de 2018. Le papier a cependant encore de beaux jours devant lui. Notamment pour l’actionnaire individuel, pour qui il demeure important de recevoir à domicile la brochure de communication « papier », de garder ce lien « physique » avec l’entreprise. Un choix délibéré qui ne concerne pas l’actionnaire institutionnel pour qui l’outil idéal est pour sa part le mini-site autour de la brochure.

Beñat Caujolle

2019-04-20T14:32:22+02:00