Anticorruption, les entreprises doivent renforcer leurs contrôles comptables

Jeudi 08/04/2021

Si elles ont bien conscience de l’intérêt réglementaire des contrôles comptables, bon nombre d’entreprises appréhendent encore les volets technique et financier. Des solutions existent pour les accompagner. Les directions compliance, comptable, de l’audit et du contrôle interne doivent ensemble s’emparer du sujet. Détection et dissuasion, les entreprises ont tout à y gagner.

Entretien avec Jean-Marc Allouët, Associé chez BM&A, COO de GEO, solution digitale d’audit et de contrôle financier et comptable.

Image contrôle comptable

À quoi servent les contrôles comptables dans un dispositif anticorruption ? 

Sous un angle purement réglementaire, le pilier V de la loi Sapin II s’intitule « Contrôles comptables ». De manière plus pragmatique et plus concrète, la mise en place de contrôles comptables dans un dispositif anticorruption permet principalement deux choses essentielles :

1. la détection de relations atypiques avec des tiers.

Il s’agit d’écritures inhabituelles, autant de signaux faibles qui pourraient être en lien avec des actes de corruption. Ainsi, une envolée d’un taux d’avoirs peut se justifier, mais elle se regarde. Il en va de même pour ce fournisseur de matières premières qui se met à facturer des prestations de conseils, ou encore de ces écritures passées de charges à banque sans tiers. Sans oublier, bien entendu, les comptes sensibles identifiés par l’AFA : les cadeaux, les dons à différents organismes et/ou partis politiques… Ces écritures inhabituelles peuvent aussi résulter d’erreurs et/ou d’oublis : des erreurs de saisies, un double règlement à un fournisseur, une TVA non récupérée.

2. la dissuasion et l’incitation.

Il s’agit cette fois de réduire fortement le sentiment d’impunité et/ou d’inciter tout aussi fortement au respect de la bonne pratique. On le voit, ce dispositif permet de lutter contre la corruption, mais pas seulement. Il identifie aussi des erreurs et encourage la diffusion de la bonne pratique.

Lire aussi : Anticorruption, des entreprises sensibilisées mais des dispositifs encore incomplets

Comment jugez-vous la maturité des entreprises sur le volet contrôles comptables de leur dispositif de conformité anticorruption ? Le dernier baromètre Grant Thornton indique qu’à peine 50 % des entités sont conformes.

La maturité est certes encore faible, mais l’intérêt (réglementaire) est fort. Les entreprises ont la perception que la mise en place de contrôles comptables sur l’ensemble d’un groupe représente une marche trop haute, tant sur le plan technique que sur le plan financier. Leur premier réflexe est parfois de penser que c’est l’affaire du commissaire aux comptes. Sauf que, en réalité, le commissaire aux comptes a seulement pour mandat de vérifier l’efficience du dispositif, pas de le faire en lieu et place des structures qu’il audite. Et s’il lui prenait l’envie de s’y plonger plus en détail, il ne s’agirait que d’une réaction à une faiblesse identifiée en termes de contrôle interne, et ce serait donc un mauvais présage…

Cette impression de la montagne infranchissable s’amplifie avec le nombre de filiales. Pourtant des solutions techniques efficaces existent. Et le retour sur investissement est rapide, ne serait-ce que sur le volet des erreurs corrigées. Le tout est de s’emparer du sujet sans crainte.

Il semble que sur ce volet certaines entreprises ou certains responsables de la compliance (CCO) aient plus de difficultés à s’approprier la mise en œuvre et l’utilisation des contrôles comptables. Comment expliquez-vous ces difficultés ?   

La plupart des responsables de la conformité (CCO) viennent du monde juridique. Ils ne sont donc pas naturellement à l’aise sur le volet comptable. Il y a, en fait, un vrai travail à faire au niveau de la coordination entre la direction de la compliance, la direction comptable et la direction de l’audit et du contrôle interne. Ensemble, ces trois directions doivent et peuvent s’emparer collectivement du sujet.

Propos recueillis par Beñat Caujolle

Lire aussi : De la conformité à la culture compliance.

Pour toute question ou demande de renseignements, contactez-nous : labradorleblog@labrador-company.com

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2021-04-08T12:31:05+02:00avril 8th, 2021|